Requiem pour une campagne régressive

Tweetez pour moi !La campagne s’achève aujourd’hui et je pense qu’il est temps d’en faire un bilan. Force est de constater qu’elle n’a pas été jugée brillante ni chez nous ni à l’extérieur. En ce qui me concerne, je n’ai qu’un mot qui me vient à l’esprit : Régressive.

Passons sur les candidats qui tous cherchaient à faire oublier ou à nous rappeler le passé. Monsieur Sarkozy cherchait à nous faire oublier le bilan de Monsieur Sarkozy, Monsieur Hollande cherchait à nous faire oublier nos regrets de DSK disparu prématurément pour cause d’incohérence grave entre son cerveau et d’autres organes, Monsieur Méclanchon cherchait à nous rappeler Georges Marchais, Madame Autin cherchait à nous rappeler notre chère Tante Arlette, Madame Le pen cherchait à nous faire oublier certaines déclarations de son père et Madame Joly cherchait à oublier qu’elle n’est vraiment pas faite pour ce qu’elle faisait (Quant aux autres, je crois que je ne m’en souviendrai plus la semaine prochaine). Ce n’est pas avec un rétroviseur qu’on peut faire voir les lendemains qui chantent et je comprends que cela n’ait pas passionné les foules.

Mais c’est sur la forme que j’ai été le plus surpris. Cette campagne a été bien en dessous de ce que nous avions vu en 2007. L’élection de Barack Obama et la désignation de Madame Royal avaient montré la force des réseaux sociaux bien utilisés. La leçon n’a pas été oubliée par la jeunesse arabe, à Tunis, Le caire ou Tripoli (sans parler de Damas). La bataille s’annonçant serrée à droite et l’enjeu étant majeur à gauche, on pouvait légitimement s’attendre à une utilisation agressive de ces moyens si puissants.

La déception est à la hauteur des attentes. Quasiment pas de buzz (à part une petite chanson sur Mélanchon, je n’ai rien vu de significatif), peu de coups médiatiques mais la réutilisation ad nauseam du moindre fait divers,  aucune action d’envergure sur les réseaux sociaux,  des clips de campagne des plus traditionnels et des tweets qui ressemblaient à ceux des acteurs branchouilles de Hollywood. Quant aux sites des candidats, on croirait voir le site institutionnel d’une boite du CAC 40. Rien n’y manque : Une présentation standard, le mot du chef, la page produit  avec le programme, l’espace presse et l’espace recrutement (rebaptisé pour l’occasion espace militant). Parfois un Intranet mais pas toujours. Du travail de base commandés par des communicants sans imagination et réalisé par des agences sans passion. Pas étonnant que cela ait aussi peu passionné les jeunes.

Ceci est dangereux. Notre société vit des moments graves qui commencent à avoir des airs de déjà vu inquiétants. L’implication d’une partie importante des citoyens et en particulier des jeunes dans la vie de la société sera cruciale pour négocier les écueils qui s’annoncent. Il n’est pas normal que des gens qui prétendent diriger le pays ne soient pas capables au moins d’essayer de les toucher avec les moyens qu’ils utilisent.

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